7 clés pour ficher un livre de philosophie (Bac, CPGE, ENA, Sciences Po)

Cet article a été rédigé par Romain Treffel du site 1000 idées de culture générale

Je me souviens très bien du sentiment qui m’a submergé, un des premiers jours de mon entrée en prépa HEC, lorsque mon professeur de culture générale nous a annoncé que nous aurions à ficher, au cours de l’année, des auteurs comme Kant, Nietzsche, ou Sartre : j’avais envie de pleurer (mais je me suis retenu, histoire de ne pas me montrer trop faible dès le départ).

Comme tous mes camarades, j’avais un peu tâté de la philosophie en terminale en me confrontant à des extraits des textes les plus classiques ; et tout comme eux, j’en étais assez rapidement arrivé à ce constat simple : « c’est pas clair ».

Alors certes, l’explosion hormonale de l’adolescence ne décuple pas la concentration nécessaire à réflexion théorique – difficile de s’envoler vers le ciel des idées à côté de filles qui deviennent des femmes. Et puis, qui suis-je pour juger de la clarté d’un ouvrage du panthéon philosophique de l’humanité ? Quelle est, au juste, ma légitimité ? Ne serait-ce pas plutôt à moi de faire un petit effort pour me plonger davantage dans le texte afin, comme aiment à dire les profs, de « mieux saisir la pensée de l’auteur » ? Ou serait-ce en fait à celui-ci de s’exprimer plus clairement ?

S’il est bien inutile de vouloir trancher, ce débat a le mérite de mettre en lumière l’importance cruciale – en philosophie notamment – d’un support intermédiaire entre le texte « brut » de l’auteur et l’esprit en friche du non-initié : j’ai nommé la fiche (« de lecture », ou « de synthèse »).

En clair, il suffit qu’un seul et unique individu se dévoue pour transformer des centaines de pages plus ou moins obscures et répétitives en quelques pages claires et synthétiques, et l’humanité tout entière pourra ainsi accéder à la pensée de l’auteur à moindres frais intellectuels, en faisant l’économie du jargon et des digressions – les économistes appellent cela une « externalité positive ».

Seulement, il faut que l’un souffre pour que tous jouissent.

J’ai souffert – intellectuellement, j’entends – les premières fois où j’ai fiché des essais de philosophie, et je mentirais en disant que je ne souffre plus en le faisant.

La vérité est cependant que j’en souffre beaucoup moins aujourd’hui, car j’ai développé et accumulé, au fur et à mesure des années, des préparations aux concours, des articles et des livres, une expérience grâce à laquelle je suis désormais capable de ficher efficacement les ouvrages théoriques les plus ésotériques, sans craindre d’être paralysé par l’obscurité du texte ou l’autorité intellectuelle de l’auteur.

Voici donc mes 7 clés pour ficher efficacement un livre de philosophie :

1/ Définir le ratio de synthèse de la fiche

C’est une banalité de dire que la réussite dépend en bonne partie de la clarté de l’objectif. « Il faut savoir ce que l’on veut », dit la sagesse populaire. Pour être atteignable, un objectif doit donc être précis et mesurable.

Appliquée au (micro-)projet de ficher un livre de philosophie, cette règle se traduit par la nécessité d’évaluer la taille du support final.

Cette évaluation dépend tout d’abord des caractéristiques du support initial :

  • la taille brute de l’essai de philosophie : plus il est long, plus – toutes choses égales par ailleurs – la fiche devra être longue ;
  • sa densité : plus il contient de contenu digne d’intérêt, plus la fiche devra être longue – et a contrario, un ouvrage très redondant peut être fiché très rapidement ;
  • sa complexité : un livre de philosophie compliqué donnera une fiche plus courte dans la mesure où il demande non seulement de sélectionner les informations les plus importantes, mais aussi celles les plus accessibles.

Ainsi, un ouvrage court, répétitif et complexe méritera une fiche très synthétique, tandis qu’un livre long, dense et clair – c’est le cas des manuels, par exemple, qui ne rentrent toutefois pas dans la catégorie des essais de philosophie – nécessitera lui une fiche longue et détaillée.

Mais l’évaluation de la taille du support final dépend également de l’objectif du lecteur.

Voici quelques exemples :

  • si je veux être capable d’évoquer rapidement une idée de l’auteur, voire d’y faire simplement allusion (pour étayer un argument dans un paragraphe de dissertation, par exemple, ou, moins sérieusement, pour pratiquer le name dropping dans un dîner), alors je n’ai probablement même pas intérêt à ficher l’essai de philosophie ; quelques lignes lues ici ou là suffisent pour garantir une connaissance superficielle – c’est d’ailleurs le constat à l’origine du format inédit de mon manuel 1000 idées de culture générale ;
  • si je lis un essai de philosophie dans le cadre d’un programme (comme en terminale) ou d’un thème annuel plutôt vaste (comme en prépa), alors j’ai intérêt à m’assurer que je ne tirerai pas du livre seulement une connaissance spécialisée et que je ne privilégie pas inutilement, en le fichant, la connaissance au détriment de la maîtrise technique nécessaire pour réussir les épreuves de la discipline (par exemple, la dissertation) – typiquement, les élèves de terminale ou de prépa ont bien plus intérêt à ficher des essais de vulgarisation de l’histoire de la philosophie plutôt que des auteurs en particulier ;
  • quand, en Master 2 de philosophie à la Sorbonne, je lisais des ouvrages de Rousseau dans le cadre d’un séminaire consacré uniquement à sa pensée et dont l’examen final consisterait en une dissertation écrite de plusieurs heures ainsi qu’un entretien avec le professeur, je faisais des fiches détaillées de mes lectures parce que j’avais besoin de devenir un spécialiste de la pensée du philosophe ;
  • si je fiche un essai pour écrire un mémoire, voire une thèse, c’est-à-dire des travaux académiques qui nécessiteront plusieurs centaines de pages, alors j’ai intérêt, d’un côté, à prendre des notes les plus détaillées et les plus précises possible – ce qui laisse craindre que la fiche sera interminable ; mais aussi, de l’autre, j’ai intérêt à cibler spécifiquement les informations pertinentes par rapport à mon sujet de mémoire/thèse, ce qui réduira la taille de la fiche.

Selon le but du lecteur, une fiche peut donc aller de quelques lignes – qui ne constituent d’ailleurs pas une « fiche » à proprement parler – à plusieurs dizaines de pages.

Une fois considérées les caractéristiques de l’essai de philosophie et la finalité du fichage, il devient possible de quantifier plus précisément la taille optimale de la fiche.

Mes estimations se fondent grosso modo sur les caractéristiques les plus courantes de police et de mise en page des éditeurs de texte.

Prenons encore quelques exemples :

  • un essai de 200 pages peu clair, digressif, répétitif, et qui n’est pas lu en vue d’une connaissance spécialisée pourrait être fiché sur un recto verso, voire seulement sur un recto – soit un ratio de 1/100 à 1/200 ;
  • un essai de 400 pages plutôt clair, moyennement dense et qui n’est pas lu en vue d’une connaissance spécialisée pourrait être fiché sur 5 à 10 pages – soit un ratio de 1/40 à 1/80 ;
  • j’ai moi-même fiché des essais de moins de 400 pages clairs, denses, et voués à une connaissance spécialisée (par exemple dans le cadre du séminaire sur Rousseau) en plus d’une trentaine de pages – soit des ratios compris entre 1/10 et 1/15.

Ces considérations peuvent sembler fastidieuses alors même que ficher de la philosophie l’est déjà, mais elles permettent d’optimiser le travail, afin de ne pas se rendre compte en cours de route que l’on perd un temps considérable à retenir des détails inutiles – ce qui est de loin la situation la plus fréquente – ou bien que le support final sera trop maigre pour servir l’objectif – et qu’il faut donc… tout relire depuis le début !

2/ Reprendre la structure de l’ouvrage dans la fiche

Heureusement, la plupart des essais de philosophie sont prédécoupés en chapitres et en sous-parties. Or, cette architecture est précieuse pour une fiche dans la mesure où elle révèle la structuration de la pensée de l’auteur. Disposer de cette architecture, c’est déjà disposer des grandes idées et articulations de la théorie, c’est-à-dire qu’elle constitue en elle-même une forme de synthèse de l’ouvrage, à l’instar du plan détaillé d’une dissertation – pour certains essais peu denses, peu clairs et répétitifs, d’ailleurs, le plan fournit à lui seul une connaissance suffisante de l’ouvrage entier.

Le lecteur qui fiche un essai de philosophie a donc intérêt à calquer systématiquement cette structure en reprenant le libellé même des parties, pour ranger les notes en fonction des divers niveaux du plan de l’ouvrage.

3/ Ficher en priorité les idées

Cette troisième clé est tout d’abord liée à la nature même de l’opération : ficher, c’est de manière basique, privilégier l’essentiel et négliger l’accessoire, c’est-à-dire sélectionner l’information la plus importante par rapport à l’intérêt de l’ouvrage.

De ce seul point de vue, les informations plus générales – que l’on peut appeler « idées », « résultats » « théories » ou encore « thèses » – ont plus de chance d’être retenues que les étapes de raisonnement, les références, les exemples, et autres types d’informations accessoires.

Il va sans dire que les citations ne doivent, elles, être retenues qu’avec la plus grande parcimonie, tant parce qu’elles constituent une entorse à l’égard du principe général de l’opération – discriminer l’essentiel et l’accessoire – que parce la reproduction exacte, mot à mot, du propos de l’auteur, est coûteuse en temps (c’est justifié encore davantage par la clé n°5). Ainsi, je ne note une citation qu’à la condition que j’en trouve la formulation particulièrement élégante et qu’elle soit elle-même, à un certain degré, synthétique de la pensée de l’auteur.

De manière générale, je m’en tiens pour ma part à ce que je conçois comme étant « l’idée », parce que je la considère comme le niveau de généralité idoine – à mi-chemin de la superficialité et de la précision du spécialiste – pour tirer la substantifique moelle d’une pensée philosophique.

Sur mon site 1000 idées de culture générale, chaque « idée » plutôt générale – que l’on pourrait également qualifier de « théorie » ou de  « thèse » – faisant l’objet d’une fiche de synthèse (que j’appelle « post-it ») est ainsi subdivisée en trois sous-idées qui permettent de mieux comprendre l’idée principale.

Par exemple, l’idée générale de la dangerosité de la démocratie défendue par Platon (dans La République) se justifie par :

  • l’idée, plus précise, selon laquelle la démocratie s’appuierait sur la bêtise du peuple ;
  • celle de l’incapacité de la démocratie à accomplir la justice ;
  • celle du désordre social, de l’anarchie causés par ce régime.

La nécessité de repérer les idées découle également de la spécificité des essais de philosophie. Ils sont en effet par définition plus théoriques – « spéculatifs » diront les critiques – et font la part belle au raisonnement logique, quand les ouvrages d’histoire privilégient bien évidemment les faits, ou les ouvrages de sociologie les études statistiques. Or, le propre de la spéculation rationnelle est que son architecture logique se prête particulièrement bien à la schématisation en propositions qui s’emboîtent les unes dans les autres (comme dans l’exemple de l’idée de Platon quelques lignes plus haut). Au lecteur de choisir à quel niveau de l’arbre logique, c’est-à-dire à quel niveau de généralité, il veut s’arrêter dans sa fiche.

Ainsi, le défaut des essais de philosophie – leur dimension théorique – est aussi une opportunité pour les ficher, puisqu’il y est plus facile de sélectionner les informations importantes en fonction de leur niveau de généralité.

4/ Ne pas s’empêtrer dans la complexité

Je l’ai évoqué en introduction : le lecteur ne peut pas non plus attendre du philosophe la pure transparence ; il a probablement, lui aussi, un petit effort à fournir.

Parfois, cependant, ça dit « non » – et ce n’est malheureusement pas rare en philosophie.

On fait l’effort de lire, puis de relire, et de rerelire un passage – en vain. Ce blocage représente une perte de temps considérable dans le fichage, car la fluidité de la lecture est perdue et la confiance intellectuelle du lecteur est mise à mal.

Alors, que faire ?

Personnellement, après une, maximum deux relectures rapides, je note juste dans ma fiche « passage incompréhensible p.X » (oui, en rouge), et je passe à la suite sans me culpabiliser.

Une fois que la fiche est terminée, je peux avoir une vision plus globale de ma compréhension de l’ouvrage et évaluer si les passages obscurs nuisent à l’économie d’ensemble de la fiche. La plupart du temps, je les juge d’une importance marginale, donc je ne reviens pas dessus ; je ne le fais que rarement, en m’aidant d’internet ou de manuels. S’ils sont vraiment trop nombreux, cela signifie que j’ai surestimé la clarté de l’ouvrage, et que j’aurais dû prévoir, avant de commencer, de faire une fiche plus courte.

L’intérêt de cette quatrième clé est d’essayer de conserver, autant que possible, un rythme de croisière dans l’opération de fichage.

5/ Ne pas faire de paragraphes… ni de phrases !

Je sais bien qu’une fiche avec de nombreux paragraphes clairement mis en évidence produit une bonne impression visuelle et bénéficie d’une meilleure lisibilité – c’est effectivement déjà beaucoup mieux que de gros pavés qui sont très pénibles à lire. Je sais également qu’à l’intérieur du paragraphe, des phrases efficaces, par exemple agrémentées de connecteurs logiques, renforcent encore l’impression de la qualité de la fiche, et qu’elles peuvent notamment être apprises telles quelles pour être recrachées lors des examens.

Seulement, cette recherche de la qualité s’effectue au détriment de l’efficacité de l’opération de fichage, comme de celle du support final. D’une part, en effet, s’appliquer à rédiger des phrases entières et à les lier de manière cohérente en paragraphes est extrêmement chronophage. D’autre part, ce choix aura un effet sur l’utilisation du support final : l’esprit du lecteur aura tendance à se focaliser sur la formulation des idées au détriment de l’idée elle-même, c’est-à-dire sur la forme au détriment du fond ; le risque est que la pensée soit moins bien comprise, et donc la connaissance moins mobilisable. En clair, l’apparence trop soignée de la fiche peut nuire à l’assimilation ultérieure de son contenu.

Comment faire, dès lors ?

Pour ma part, je note toujours l’information brute sous forme de tirets (ou autres puces) sans trop me soucier de la qualité de la formulation.

Pour conserver efficacement l’articulation logique des idées, j’utilise des symboles (notamment →, ≠, ou vs.) ; mais je n’abuse pas pour autant des abréviations, parce que je crains que le « langage SMS » ne nuise, sur le moyen long terme, à ma qualité de rédaction. Au contraire, quand je lis un livre de philosophie, j’essaie de bien en comprendre les idées afin de les exprimer plus clairement et plus simplement avec mes propres mots.

Schématiquement, cela donne :

CHAPITRE X :

Idée générale 1 :

  • idée n°1
  • idée n°2
  • etc.

Voici par exemple comment j’ai fiché La libération animale de Peter Singer sur Pandanote :

Capture d’écran 2017-09-22 à 12.58.15

Alors bien sûr, chacun a intérêt à adapter sa méthode à ses préférences et à ses sensations ; mais une fiche efficace ne devrait vraiment pas comporter de paragraphes ou de phrases.

6/ Respecter un format de fiche précis

Les pires fiches sont celles qui présentent de gros pavés indigestes. Elles sont extrêmement peu lisibles parce que le lecteur n’y distingue pas facilement les éléments de contenu (ou idées), ni les différents types ou niveaux d’importance de l’information.

Du coup, il faut faire le contraire pour optimiser l’efficacité de la fiche : créer et respecter un format précis qui permette à l’œil d’identifier immédiatement les caractéristiques du contenu.

Pour ce qui est des unités de contenu (les idées de l’essai, en l’occurrence), elles sont déjà mises en évidence par les tirets (un tiret = une idée).

Concernant les différents types d’information, on peut procéder de la manière suivante :

  • je souligne les chapitres et parties de l’essai : Chapitre I : Tous les animaux sont égaux
  • je souligne également les références (c’est une convention académique de la dissertation aux concours en France) : La République de Platon, par exemple ;
  • certains (not me) écrivent les noms d’auteurs en majuscule : PLATON, KANT, HEGEL ;
  • je n’évoque l’auteur qu’avec ses initiales : PS pour Peter Singer ;
  • je note les (rares) citations en italique entre guillemets français : « Connais-toi toi-même. » ;
  • je place les mots dont émanent une exagération ou une ambiguïté évidentes entre guillemets anglais : Hegel défend l’idée d’une “providence” (connotation particulière, pas simplement religieuse, du concept) ;
  • je mets systématiquement les exemples entre parenthèses : les œuvres politiques d’Aristote (Les Politiques, Éthique à Nicomaque, etc.) ;
  • les dates, très rares en philosophie, peuvent mises en évidence de diverses manières.

Concernant les niveaux d’importante de l’information, je note tout simplement en gras les idées les plus importantes, en faisant bien attention à ce que cela ne soit pas trop fréquent. Je ne suis pas fan des couleurs, une option qui implique que je me fasse arnaquer en achetant des cartouches d’encre.

L’avantage d’un format aussi précis est de pouvoir réviser la fiche très efficacement.

Il permet même de pratiquer une lecture dite « photographique », bien utile dans certaines circonstances. Si je suis devant la salle d’examen et qu’il ne me reste plus que quelques minutes avant le début de l’épreuve, je peux par exemple me remémorer très rapidement les idées fondamentales de mes fiches en ne lisant, sur chaque page, que les éléments en gras, en faisant sauter mon œil de l’un au suivant. Et je peux faire la même chose avec les références et les auteurs s’ils sont également dans un format précis. Je peux aussi revoir simplement les plans des ouvrages.

7/ Lire rapidement

Cela paraît relever de l’évidence, mais cette clé est celle à laquelle les lecteurs qui fichent des essais de philosophie pensent le moins. Or, la lecture rapide est une faculté qui leur donnerait un gros avantage – c’est presque un super pouvoir dans notre société de l’information.

Je me souviens avoir lu dans la biographie d’Oscar Wilde que les gens étaient admiratifs de sa capacité à assimiler une grande quantité d’ouvrages, pour ensuite mettre leurs différentes idées en relation – notamment dans ses conférences sur l’art. Le grand écrivain se vantait de n’avoir besoin, en tout et pour tout, que d’une vingtaine de minutes pour s’approprier n’importe quel livre.

En réalité, il appliquait simplement, comme de nombreux auteurs, journalistes, entrepreneurs, etc., des techniques de lecture rapide. Celles-ci étaient quasiment inconnues à son époque, et encore de nos jours, la majorité des « lecteurs rapides » restent relativement discrets à l’égard de leurs méthodes ; mais certains les dévoilent, encouragent leur adoption, et les enseignent même sur internet.

Pour ma part, je pratique la lecture rapide depuis que j’ai découvert la singulière aptitude d’Oscar Wilde dans sa biographie, c’est-à-dire depuis presque dix ans.

Je m’en sers tout particulièrement quand je fiche des essais de philosophie : j’adapte ma vitesse de lecture en fonction du ratio de synthèse que je vise, et il m’arrive même de faire l’impasse sur des paragraphes, voire des pages complètes lorsque j’arrive à établir avec une certitude décomplexée que leur lecture ne servira pas mon objectif.

En conclusion, on en revient à la clé n°1 : tous les choix et les paramètres de fichage sont déterminés par l’objectif de fichage.

Ce nécessaire pragmatisme opérationnel montre également que ficher efficacement un ouvrage possiblement aussi compliqué qu’un essai de philosophie demande d’être dans de bonnes conditions psychologiques : savoir où l’on va, rester concentré, ne pas se rabaisser, ni se culpabiliser de ne pas comprendre – en un mot, rester détaché de la difficulté propre au fichage pour avancer avec un rythme satisfaisant.

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Arnaud
Arnaud

Arnaud est le fondateur de l’application KHUUBE. Il a démissionné d’HEC parce qu’il trouvait cette école trop “soviétique”. Il est à l’origine du site reussir-esh.fr consacré à l’économie en prépa et est l’auteur d’un manuel d’histoire économique intitulé “L’essentiel de l’histoire économique”.

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